AFJP – Live at 3 Spots
- Patrick Duchesne

- il y a 2 jours
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Annam Nguyen, guitariste et pédagogue passionné, fait partie des musiciens de jazz qui font vibrer la scène jazz québécoise. Avec le nouvel album de son projet Annam’s Family Jazz Project (AFJP), il dévoile une nouvelle facette de sa créativité et de son univers musical. Live at 3 Spots est un album enregistré en direct dans trois salles différentes : Le Boquébière (Sherbrooke), le Dièse Onze (Montréal) et le Bar St-Angèle (Québec).
Porté par l’énergie propre à chaque performance, AFJP propose un éventail sonore varié, passant d’ambiances plus traditionnelles à des explorations plus audacieuses et inattendues. La philosophie d’Annam ? Une approche ludique et vivante du jazz, autant dans son enseignement que dans sa musique. Cette vision personnelle se reflète dans l’album, qui rassemble six compositions originales et trois pièces revisitées.
L’album s’ouvre avec Moodswing, une pièce fidèle à son titre, alternant entre swing et rythmes latins. Les contrastes se manifestent aussi dans les harmonies : des sonorités plus douces dans la section swing, puis des accords plus tendus dans la portion latine, créant une sensation de suspense qui capte l’attention.
La pièce suivante, Yes and No, une composition de Wayne Shorter (1933–2023), débute par un dialogue entre la contrebasse et la batterie, qui s’installe pendant dix minutes de créativité intense.
Avec Waltz for a Tree, Annam propose une mélodie douce, inspirée d’une valse. Mais rapidement, un détail surprend : la phrase musicale comporte un temps en moins, brisant l’équilibre attendu. Cette irrégularité rythmique donne à la pièce son caractère unique.
Les pièces suivantes marquent un virage plus mordant dans l’album : Foot Massage lance cette nouvelle énergie avec une pulsation irrégulière et un son de guitare saturé qui ajoute intensité et couleur à la pièce.
Veiled Princess constitue un moment fort de l’album, immédiatement suivie de Dry Hands Need Creamin’ qui nous plonge dans un univers funk énergique. Les cuivres et la guitare créent un son riche, percutant. L’utilisation d’un effet « phaser » ajoute une nouvelle dimension au timbre de la guitare.
Après ces contrastes marqués, l’album propose un retour vers des ambiances plus posées:
Fee-Fi-Fo-Fum (de Wayne Shorter) débute par une introduction aérienne et contemplative. L’arrangement met particulièrement en valeur la contrebasse, parfois soutenue par le saxophone et la guitare. La complicité entre les musiciens se fait sentir dans leurs échanges, chacun soutenant avec sensibilité les idées des solistes.
Frigidair rappelle les influences rock d’Annam avec une pièce funky. La section rythmique propose un groove qui porte les improvisations avec assurance.
L’album se conclut en douceur avec In Your Own Sweet Way, une composition de Dave Brubeck. L’interprétation privilégie une atmosphère calme et raffinée, tout en conservant une richesse harmonique. Les solistes naviguent avec finesse entre simplicité et complexité expressive.
En conclusion, Annam et son groupe proposent un album riche, qui assume pleinement le mélange entre tradition et exploration. À travers la diversité de ses performances, l’ensemble propose un album audacieux et inspirant.





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